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Le cancer, un sujet tabou en entreprise ?

Femme ayant un cancer en entreprise

 

En avril 2014, la Ligue contre le cancer a publié le 3e rapport de l’Observatoire sociétal des cancers, qui dresse un panorama des difficultés des patients pour se maintenir au travail ou y retourner après leur arrêt maladie. Pour 63 % des salariés touchés, le cancer reste un sujet tabou en entreprise.

 

« Ensemble, apprenons à mieux vivre le cancer au travail » : tel est le mot d’ordre de l’association Cancer@Work créée en juin 2012 à l’initiative d’Anne-Sophie Tuszynski. Cette association développe un programme expérimental avec les équipes opérationnelles de plusieurs grandes entreprises à l’instar de Altran, Elior ou encore de la SNCF. Consultante depuis vingt ans au service du développement stratégique des entreprises, Anne-Sophie Tuszynski a été touchée par un cancer en 2011, à l’âge de 39 ans. De fait, elle a vécu la problématique de réorganiser son activité professionnelle en fonction des soins et de leurs conséquences.
Durant cette période et à la reprise de son travail en 2012, elle a pris pleinement conscience de l’impact de la maladie sur la vie professionnelle et du rôle à jouer par les entreprises dans l’accompagnement de leurs salariés. Aussi, elle a décidé d’agir sur le terrain, de façon solidaire et bénévole, en créant Cancer@Work, dédiée à l’insertion, au maintien dans l’emploi et à la qualité de vie au travail des personnes touchées par un cancer.

« Chaque jour en France, mille personnes apprennent qu’elles ont un cancer et quatre cents d’entre elles travaillent, indique Anne-Sophie Tuszynski. Or, dans l’entreprise, le sujet de la maladie n’existe pas, rien n’est concrètement prévu pour gérer cette situation difficile dans les meilleures conditions. Cancer@Work a pour objectif d’accompagner les entreprises à sortir d’une logique de gestion au cas par cas.

 

Attentes et réalités

 

Fin 2013, Cancer@Work a publié son premier baromètre sur la prise en compte des situations de cancer en entreprise, à partir d’une enquête réalisée auprès d’un échantillon de mille personnes représentatives de la population française ayant un emploi. Il en ressort trois enseignements majeurs :

L’entreprise est un acteur attendu face au cancer : près de deux répondants sur trois souhaiteraient que leur entreprise accompagne davantage les salariés atteints par un cancer.
Le maintien dans l’emploi est un enjeu prioritaire : parmi les actifs touchés par un cancer, seulement 51,3 % ont disposé d’une information claire, de la part de leur entreprise, sur les répercussions professionnelles de leur situation. Ils sont aussi nombreux à n’avoir bénéficié d’aucune mesure spécifique d’accompagnement à leur reprise du travail, qu’il s’agisse du recours à un temps partiel thérapeutique, de la mise en place d’un aménagement de poste ou encore de la reconnaissance d’un handicap.
L’entourage professionnel est un soutien précieux pour les malades : près de trois actifs sur quatre pensent qu’il est difficile, pour un salarié souffrant d’un cancer, de révéler sa maladie. Néanmoins, plus de 60 % estiment que ce sont leurs collègues qui leur ont apporté le plus de soutien, loin devant le médecin du travail, la hiérarchie, le service des ressources humaines ou les représentants du personnel. 90 % des actifs souhaiteraient des dispositifs d’accompagnement innovants dédiés aux personnes confrontées à la maladie. La plupart sont également favorables à une formation des managers à la gestion et à l’accompagnement de ces situations. Cancer@Work est convaincue que seule une mobilisation commune des dirigeants, des managers et des salariés permettra de conjuguer la protection et la projection professionnelle des personnes malades avec les impératifs de performance économique et sociale des entreprises.

 

Partage d’expériences

 

Le programme expérimental initié par l’association se déroule en plusieurs étapes : la sensibilisation à la problématique du cancer, l’analyse des attentes des salariés,  l’émergence de solutions à mettre en place, le partage d’expérience avec d’autres entreprises. Et comme le précise Anne-Sophie Tuszynski : « Ce qui vaut pour le cancer peut être élargi à d’autres maladies chroniques invalidantes. »

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