À 50 ans et plus. Les bilans et dépistages à ne pas négliger - France Mutuelle

Prévention

À 50 ans et plus. Les bilans et dépistages à ne pas négliger

femme sportive

La cinquantaine marque une étape importante de la vie, notamment pour les femmes avec la ménopause. Pour vieillir en forme à partir d’un âge où les risques se multiplient, il est indispensable de s’intéresser de plus près à sa santé et de se soumettre à tous les bilans et dépistages préconisés. En gardant à l’esprit que la meilleure prévention pour le senior consiste à pratiquer régulièrement un exercice physique « plaisir » et à adopter une alimentation équilibrée.

"Dès la cinquantaine, il est essentiel de faire un check-up médical complet et de mieux s’alimenter, avec moins de viande, mais plus de légumes colorés », résume le Pr Bernard Sablonnière, professeur de biologie moléculaire à l’université de Lille et auteur de L’espoir d’une vie longue et bonne.« Les deux piliers du maintien de l’autonomie sont de conserver une bonne coordination motrice et une bonne autonomie cérébrale. Ce qui impose d’y penser longtemps avant le grand âge, en ne fumant pas, en buvant peu d’alcool, en évitant le surpoids, en surveillant sa tension et sa santé cardiaque, ajoute-t-il. Une bonne coordination motrice passe aussi par la pratique d’un exercice physique régulier, qui permet de stimuler les cellules souches musculaires et de garder une bonne masse musculaire. Sur la santé cérébrale, nous savons que, même au-delà de 80 ans, le cerveau peut maintenir une bonne neurogenèse, la capacité de réparer et fabriquer des neurones. À condition de faire une activité physique régulière et de renforcer sa réserve cognitive par des activités intellectuelles diversifiées. Il faut aussi se prémunir de la nocivité de toxiques, comme les polluants ».

Pour prévenir bien des maladies, il est essentiel, surtout à partir de 50 ans, de contrôler son poids, son IMC*, son périmètre abdominal et sa taille. On parle de surcharge abdominale si le périmètre est supérieur à 94 cm pour un homme et à 80 cm pour une femme. Une perte de taille en hauteur peut, quant à elle, laisser supposer un tassement vertébral, symptomatique d’une ostéoporose (maladie du squelette caractérisée par une diminution de la densité osseuse).

Au moins une fois par an, il s’agit aussi de faire vérifier sa tension par le médecin (pas plus de 14/9), pour ne pas passer à côté d’une hyper-tension artérielle (HTA), risque d’infarctus, d’AVC (accident vasculaire cérébral), voire de démence à un âge avancé. Il est bon également de se faire prescrire un bilan sanguin et urinaire tous les ans (glycémie, cholestérol, triglycérides, fonction rénale…), en cas de résultat anormal ou d’antécédents familiaux de diabète par exemple. Ou tous les trois ans, si tout va bien.

Il est par ailleurs recommandé de participer tous les deux ans, à partir de50anset jusqu’à 74 ans, aux programmes de dépistage – organisés par l’Assurance maladie – du cancer du sein (par mammographie) et du cancer colorectal (par prélèvement de selles), après réception du courrier d’invitation adéquat. En dehors de ces contrôles de « routine », voici un tour d’horizon des principaux bilans et dépistages à effectuer pour chaque partie du corps, de haut en bas.

homme fatigue au bureau

LE CERVEAU ET LE MENTAL

À partir de 50 ans, les troubles du sommeil (difficultés à s’endormir, réveil à diverses reprises dans la nuit, sentiment de pas dormir assez, coups de pompe dans la journée) font courir des risques pour la santé cardio-vasculaire et celle des fonctions cérébrales. Il ne faut donc pas hésiter à en parler à son médecin, qui recherchera notamment si l’on ne souffre pas d’apnées du sommeil, ces arrêts involontaires de la respiration en dormant. Les pertes de mémoire doivent également inciter à prendre conseil auprès du médecin. Enfin, « il ne faut pas oublier de prendre en charge un terrain anxio-dépressif, fréquemment majoré par le contexte du troisième âge » qui se profile à l’horizon, insiste le Dr Jean-Loup Dervaux dans son guide Bilans de santé personnalisés.

LA VUE

Parce que cinquantaine rime avec presbytie (la difficulté, inéluctable, à voir de près en raison du vieillissement du cristallin), il faut, à partir de 45 ans et jusqu’à 60-65 ans (car ensuite la presbytie se stabilise), consulter l’ophtalmologiste tous les deux ans en vue d’une prescription de verres progressifs ou de lentilles de contact multifocales. Un fond d’œil, destiné à dépister une DMLA (la dégénérescence maculaire liée à l’âge, qui affecte la zone centrale de la rétine), est par ailleurs préconisé tous les deux ans à partir de 55-60 ans.

L'AUDITION

La presbyacousie, le vieillissement naturel du système auditif, apparaît entre 40 et50 ans, âge où de nombreuses personnes se rendent compte qu’elles entendent moins bien. Là encore, tous les deux ans (en l’absence de dégradation brutale de l’audition), il est bon de consulter un ORL pour passer un audiogramme ou une audiométrie vocale, qui délivre à différentes intensités des sons de paroles, que la personne doit répéter, si possible en présence d’un bruit perturbateur. Il faut ensuite s’appareiller dès que possible, en sachant qu’existent des prothèses auditives plus discrètes, plus adaptables et moins onéreuses qu’autrefois.

LA DENTITION

Une visite annuelle chez le dentiste, avec bilan radiologique et détartrage, s’impose afin d’éviter gingivite, parodontite et caries qui menacent la santé dentaire. Des visites plus fréquentes sont nécessaires en cas de tabagisme, d’alimentation déséquilibrée, d’obésité ou de diabète.

LA PEAU

En vieillissant, la peau se relâche et devient plus sèche, d’où l’intérêt de faire un  bilan au moins tous les deux ans chez un dermatologue. Ce médecin examine l’ensemble du corps dénudé pour rechercher un éventuel mélanome qui, dépisté tôt, peut-être guéri dans 9 cas sur 10. Il peut aussi proposer un bilan sanguin pour vérifier si l’état de la peau ne révèle pas un problème de thyroïde ou de déficit en fer, par exemple.

LES POUMONS

Aux fumeurs et anciens fumeurs, il est recommandé de faire mesurer régulièrement leur souffle chez le pneumologue par épreuve fonctionnelle respiratoire (EFR) pour dépister une éventuelle BPCO (broncho pneumopathie obstructive chronique) ou un asthme, autre maladie des bronches qui peut se révéler tardivement. Enfin, face à la crainte du cancer du poumon qui se développe souvent chez les fumeurs, un dépistage ciblé par imagerie peut être préconisé à partir de 50-55 ans.

LE COEUR

Mieux vaut consulter un cardiologue, si l’on se sent souvent essoufflé ou si le pouls est irrégulier, afin de dépister une éventuelle affection cardiaque ou une HTA (hypertension artérielle), la pression artérielle augmentant sensiblement entre 40 et 54 ans. Le cardiologue pourra pratiquer un électrocardiogramme et/ou préconiser un test d’effort (sur tapis roulant ou vélo fixe) pour vérifier l’état du système cardiaque.

LE SYSTÈME GÉNITO-URINAIRE

Chez la femme, un frottis est recommandé tous les trois ans et jusqu’à 65 ans, afin de repérer la présence de papillomavirus et de prévenir la survenue d’un cancer du col de l’utérus. Par ailleurs est indispensable, dès 50 ans, un examen gynécologique annuel, qui « consiste à s’assurer qu’il n’y a aucune anomalie au niveau du vagin, de l’utérus et des ovaires », rappelle le Dr Loïc Etienne dans Vous avez le pouvoir de changer votre santé. « Pendant la consultation, vous avez intérêt à tout dire, même les choses qui vous paraissent gênantes. Aucune partie du corps n’est honteuse et la sexualité ne l’est pas davantage ». Face à des soucis liés à la ménopause (sécheresse vaginale, bouffées de chaleur…), le médecin pourra prescrire, « immédiatement après le diagnostic de ménopause », un traitement hormonal substitutif (THS),avec précaution, selon les antécédents et facteurs de risque de la personne, et sur une courte durée. Il est enfin conseillé, en cas de fuite urinaire à l’effort ou d’envie pressante impossible à retenir, de faire un bilan urodynamique chez un médecin urologue.

Chez l’homme, le vieillissement de la prostate et de la vessie peut se traduire par l’envie de se lever plus d’une fois par nuit pour aller uriner, le besoin très pressant d’uriner et/ou un jet urinaire devenu faible. Il est alors nécessaire de consulter pour dépister une hypertrophie bénigne ou un éventuel cancer de la prostate. Le médecin pratiquera un toucher rectal et prescrira un dosage de PSA (an-tigène spécifique de la prostate),deux examens recommandés chaque année à partir de 50 ans et jusqu’à 75 ans. Le dosage de PSA, parfois critiqué car susceptible d’inquiéter inutilement et d’induire un excès de traitement, ne permet que de tirer une sonnette d’alarme : il donne une indication pour savoir s’il faut aller plus loin dans les investigations.

LES OS

À partir de 50 ans, «il faut faire un point vitamino-calcique et vérifier si les apports en calcium et vitamine D sont suffisants pour la santé des os, recommande le Dr Laurent Grange, rhumatologue, président de l’Association française de lutte anti-rhumatismale (AFLAR). Si la personne présente un facteur de risque d’ostéoporose, on doit envisager une ostéodensitométrie osseuse (examen radiographique qui évalue la densité minérale des os), voire un bilan biologique avec dosage sanguin du calcium et de la vitamine D si le risque est trouvé significatif». Une fracture du poignet doit, par exemple, inciter à faire une recherche d’ostéoporose.
«Surveillance devrait rimer avec “bienveillance” –pour ne pas voir notre corps comme un réservoir de cancers potentiels – et avec confiance, écrit le Dr Loïc Etienne. Bilans et statistiques sont à relativiser et il vaut mieux en laisser l’interprétation au médecin qui les décode dans un contexte global, celui de toute l’histoire médicale de son patient». On ne saurait mieux conclure. 

 

Jacques HUGUENIN