La force du mental l’une des voies de la guérison - France Mutuelle

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La force du mental l’une des voies de la guérison

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Les traitements médicaux gagneraient à être repensés. Ils doivent prendre en compte la force du mental, en plus des soins dus à nos cellules ou organes et de la correction des effets d’un environnement néfaste. Plusieurs médecins de renom expliquent, dans de récents ouvrages, pourquoi l’art d’Hippocrate aurait intérêt à se préoccuper davantage de ce qui se passe dans le cerveau. Pour faciliter la guérison ou retarder l’issue fatale d’une maladie.

Le neurologue Antoine Moulonguet (Antoine Sénanque sous son nom de plume) s’est penché sur les guérisons surprenantes de patients atteints de maladies invalidantes ou incurables, face aux-quelles la médecine moderne est impuissante. Ces guérisons font intervenir « la force de l’esprit », qui peut s’incarner dans la croyance en un placebo, un guérisseur, une médecine « parallèle » ou la foi religieuse. Trois milles guérisons de pèlerins de Lourdes seraient effectivement reconnues depuis 1858 et médicalement inexpliquées.

Dans Guérir quand c’est impossible, Antoine Sénanque plaide pour ne « médecine plurielle »qui, en plus des techniques conventionnelles de soin de nos cellules ou organes et de la prise en compte des effets de l’environnement sur la santé (pollution, malbouffe, sédentarité…), intègrerait la puissance de l’esprit, du mental, de la spiritualité, qui est «le propre de l’homme ». « Les preuves de l’effet biologique de la pensée sur le corps sont certaines, insiste le Dr Mou-longuet. Cet effet du mental sur le corps repose très probablement sur des signaux énergétiques, plus que sur des signaux chimiques, ce que la médecine traditionnelle, axée sur la chimie, le médicament, ne prend pas suffisamment en compte ». « La guérison ne parle pas toujours le langage de la preuve», a-t-il constaté tout au long de sa carrière. Il en est ainsi venu à croire en «nos capacités infinies d’autoguérison », à l’aide de la méditation, de la prière, du yoga ou encore de l’hypnose, qui permettraient, selon certains médecins, de guérir de nombreux malades.

L'EFFET PLACEBO ÇA MARCHE

La force du mental explique notamment l’efficacité thérapeutique de l’effet placebo, qui agit sur la biologie et est produit par l’intermédiaire d’un mécanisme psychologique. « Il correspond à l’activation par le cerveau de processus de synthèse de neuromédiateurs jouant le rôle de médicaments endogènes, explique le Dr Moulonguet. Comme le disait Emile Coué, père insuffisamment respecté de la célèbre méthode qui porte son nom et précurseur des recherches sur le placebo, si vous parlez à votre cerveau “à haute voix, distinctement, il vous croira et fera tout seul son utile travail de pharmacien cérébral” ». La clé de l’effet placebo semble bien « être détenue par le prescripteur, dans la relation qu’il établit avec son malade (…) Le placebo, c’est donc d’abord le médecin, avant le médicament ». Ou le prêtre, le guérisseur, le magnétiseur, l’hypnotiseur, le coach… L’essentiel pour le prescripteur est de « croire pour faire croire ». « Le placebo ne marche que si la croyance se partage entre le malade et celui qui le soigne ».

« Une façon classique de démontrer la réalité de l’action de l’esprit sur le corps et inversement consiste à analyser les mécanismes du stress », rappelle l’auteur de Guérir quand c’est impossible. Le stress chronique, qui produit et laisse circuler une quantité importante de cortisol dans le sang, finit par déstabiliser le système immunitaire et nous rendre plus sensible aux infections virales ou bactériennes. Or, apprendre à mieux gérer son mental permet d’être moins stressé.

SOUS INFLUENCE SPIRITUELLE

« La bonne santé est l’état normal de l’organisme en équilibre entre les forces de la matière et de l’esprit (…) L’esprit est le gardien du corps, sa baisse de vigilance ouvre l’accès aux infections, aux dérégulations et au bout du compte à la mort », estime le Dr Moulonguet. Les influences spirituelles de toute nature peuvent, elles aussi, au même titre que des processus chimiques, interférer avec notre « donne génétique », agir sur l’expression de nos gènes. L’énergie dont notre corps est constitué est sans doute aussi sensible au dialogue avec l’esprit qu’aux échanges moléculaires. Elle répond autant aux forces spirituelles qu’aux influences matérielles, environnementales, alimentaires, toxiques. « La croyance (quelle que soit sa forme ou sa nature) est la clé qui ouvre les verrous du corps », résume, en conclusion, Antoine Sénanque.

Le Dr Patrick Lemoine, psychiatre et docteur en neurosciences, plaide également, dans Vingt mille lieux sous les rêves, en faveur d’une médecine ne négligeant plus les forces de l’esprit, la « placebothérapie ». Soit l’irrationnel et le recours aux états modifiés de conscience (rêve, transe, hypnose, méditation en pleine conscience…) qui font que l’on se sent «hors de soi », dans une autre partie intime de façon à « rechercher des informations habituellement inaccessibles » et potentiellement utiles pour guérir. Ces techniques de soin lui semblent capables d’agir là où la médecine traditionnelle se révèle impuissante, notamment « en cas de maladie fonctionnelle, lorsqu’il n’existe pas de cause palpable ».

PLAQUETTE DE MEDICAMENT

Le Dr Aurélien Benoilid, neurologue, estime lui aussi, dans son livre Non ce n’est pas que dans votre tête !, « qu’ à l’heure des neurosciences et de l’intelligence artificielle, il est possible d’envisager une approche à la fois physique et métaphysique de l’être humain ». Notamment pour mieux gérer les symptômes d’origine psychique, ce problème de santé publique, situé « dans l’angle mort de la médecine » et qui concerne 30 % de la population, laissée sans solution. Il faut, selon lui, cesser de dresser une frontière artificielle entre le corps et l’esprit pour mieux soigner.

LA "CONATATION" POUR VIVRE MIEUX

Le Dr Michel Allard, médecin spécialiste des centenaires et engagé aux côtés de diverses ONG, démontre également, dans Le bonheur n’a pas d’âge, l’importance de la force du mental pour vivre vieux et heureux. Ses multiples travaux lui ont permis de découvrir que le secret des champions de la longévité réside en particulier dans leurs « facultés conatives », dans la « conation », « dimension fondamentale de l’Homme, qui lui donne envie de vivre, de se battre, d’agir, de créer et même de rêver à des projets, voire de les réaliser ou encore de se relever, de repartir ».

Or la majorité des centenaires étudiés par le Dr Allard ont fait montre de motivation, de dynamisme mental, d’élan vital, d’instinct de conservation, de force de caractère, d’autorité, et ont su prendre du recul vis-à-vis des événements et épreuves de la vie. Ils ont fait leur cette maxime : « Ne jamais se relâcher, ne rien lâcher ». Et le mot qui semble le mieux définir la personnalité de beaucoup d’entre eux est « l’alacrité », « une grande vivacité de corps et surtout d’esprit, mêlée de liesse et d’entrain ».

« Plus l’on se sent heureux (même si les apparences extérieures semblent parfois radicalement inappropriées), plus l’on a de chances de vivre longtemps, voire de devenir centenaire… ! », note Michel Allard, à partir du constat que les humains « globalement heureux de leur sort survivent nettement plus longtemps que les autres».

La leçon est claire : il faut entretenir son mental par tous les moyens (méditation, yoga, humour, culture, relations sociales, amicales, affectives et amoureuses…) et rester positif, optimiste, dynamique et entreprenant à tout âge et en toute circonstance. Malgré les vicissitudes de la vie.

FEMME MALADE

Jacques HUGUENIN