Conseil santé

Santé des yeux : bien gérer l’apparition de la presbytie

Homme lisant un journal

 

S’il est un domaine où l’égalité homme-femme est parfaitement respectée, c’est bien celui de la presbytie. Passé un certain âge, on y passe tous ! Il s’agit d’un défaut du cristallin, qui, avec le vieillissement, perd de son élasticité et ne permet plus d’accommoder pour la vision d’objets proches de soi, c’est-à-dire de faire la « mise au point » en changeant de courbure selon la distance où se trouvent les objets que l’on regarde. La presbytie fait son apparition autour de la quarantaine, évolue puis se stabilise autour de 60 ans. Alors, ne plus devenir « fou » dès que le monde qui nous entoure devient « flou » … tel est l’enjeu !

 

Presbytie : les signes qui ne trompent pas

 

La presbytie arrive dans notre vie de façon douce et insidieuse. Il existe des signes simples et évidents qui prouvent que notre vision de près est en train de s’affaiblir, sachant que l’on pourra compenser ce trouble par une correction adaptée.

Quels sont ces signes ?

  • Vous ne parvenez plus à lire les caractères, de plus en plus flous, de votre magazine sans « allonger les bras » pour trouver un meilleur confort visuel et plus de netteté ;
  • Cette distance de lecture de près, dont la norme se situe autour de 30 à 35 cm de vos yeux (soit la longueur de l’avant-bras), s’allonge progressivement ;
  • Vous avez de plus en plus de mal à manipuler les petits objets de votre vie quotidienne pour la couture, le tricot, le bricolage car vous ne les voyez plus nettement ;
  • Votre ordinateur vous occasionne une fatigue visuelle nouvelle et vous ne savez plus très bien comment vous poster pour bien lire l’écran ;
  • Vous avez besoin d’une luminosité plus forte qu’auparavant pour déchiffrer des caractères proches ;
  • Alterner vision de loin et vision de près s’avère de plus en plus difficile ;
  • Fatigue oculaire et parfois céphalées font leur apparition ;
  • Une hypermétropie peut se dévoiler avec l’arrivée de la presbytie. Dans ce cas, la vision de loin baisse à mesure que la vision de près s’affaiblit ;
  • Dans ce dernier cas où les troubles visuels de près et de loin apparaissent en même temps, la conduite d’un véhicule s’avère plus ardue, plus fatigante sur le plan oculaire, en particulier la nuit.

Il est alors temps de consulter un médecin ophtalmologiste pour qu’il vous prescrive un traitement et une correction parfaitement adaptés à la spécificité de vos troubles visuels.

 

Presbytie : un parcours de soins sur mesure

 

Docteur Olivier Laplace, ophtalmologiste et chirurgien à l’Hôpital des Quinze-Vingt à Paris : « La presbytie survient en général entre 40 et 60 ans, soit un intervalle d’une vingtaine d’années qui devra être ponctué de visites chez votre médecin ophtalmologiste dès que vous sentirez que votre vue a baissé et que vos lunettes ne vous permettent plus de voir net en vision rapprochée. Cela varie selon les personnes. » En moyenne, le Dr Laplace recommande des visites de contrôle tous les deux ans à partir de 45 ans, et tous les dix-huit mois dès 60 ans.

La première consultation chez l’ophtalmologiste va consister en l’examen de votre vision dans le but du dépistage des maladies et des défauts de vision les plus usuels. C’est un examen de l’organe de l’œil dans sa totalité. Elle se déroule comme suit :

  • Ouverture du dossier au secrétariat du médecin pour identifier le patient ;
  • Interrogatoire du médecin permettant de relever les antécédents familiaux et personnels du patient, de façon générale et dans le cas particulier des yeux ;
  • Début de l’examen avec vérification de l’acuité de la vision du patient, vision éloignée et rapprochée, sans correction puis avec correction ;
  • Puis examen des différents milieux oculaires à l’aide du bio-microscope : cet examen permet de renseigner le praticien sur l’état de la cornée, de la chambre antérieure et du cristallin ;
  • Mesure du tonus oculaire ou « pression intraoculaire » à l’aide d’un tonomètre, nécessitant l’instillation d’un anesthésiant et d’un colorant ;
  • Examen des fonds d’yeux à l’aide de l’ophtalmoscope permettant de renseigner le médecin sur l’état de la papille, de la zone maculaire et du réseau vasculaire du pôle postérieur rétinien ;
  • Enfin énoncé des constatations du médecin et élaboration d’une prescription optique ou médicamenteuse.

La visite doit être éventuellement suivie de la commande des verres correcteurs chez l’opticien, qu’il s’agisse de lunettes ou de lentilles.

 

Presbytie : Conseils pratiques pour bien supporter ses verres progressifs

 

La prescription de verres progressifs est courante pour corriger la presbytie, en particulier lorsque celle-ci s’accompagne d’un trouble de la vision de loin (myopie ou autre). Il n’est pas toujours simple de s’y habituer, donc voici quelques conseils pour y parvenir :

  • Ne chaussez pas vos lunettes sur le bout de votre nez mais bien proche de vos yeux, c’est ce repère qui a conditionné la mise au point de vos verres correcteurs par l’opticien ;
  • N’hésitez pas à porter vos lunettes du matin jusqu’au soir dès le début ;
  • Evitez de rouler vos yeux de droite à gauche ni de haut en bas, mais gardez-les bien droit en effectuant ces mouvements avec la tête plutôt qu’avec le regard ;
  • N’hésitez pas à retourner chez l’opticien si, malgré ces conseils, votre confort visuel n’est jamais atteint.

Dans quelles conditions peut-on choisir de porter des lentilles, progressives ou non ?

Dr O. Laplace : « Le port de lentilles correctrices est une alternative aux verres correcteurs. Il faut s’assurer de l’absence de contre-indication aux ports de lentilles ou de pathologie de la surface oculaire, comme l’œil sec notamment. Ensuite, il existe des personnes qui éprouvent des difficultés à la mise en place des lentilles, d’autres n’apprécieront pas le dispositif visuel et le rendu. »

Cependant, il arrive que les verres progressifs ne soient pas la solution qui vous satisfasse. Certains verres pour la vision de près uniquement sont un choix partagé par de nombreuses personnes presbytes. Mais si c’est le port de verres correcteurs en soi qui ne vous convient pas, il sera alors possible d’évoquer avec votre médecin l’intervention chirurgicale. Opération au laser ou pose d’implant ultra-personnalisée sont d’autres solutions à la presbytie très satisfaisantes.

 

 

Sources :

D’après un entretien avec le Dr Olivier Laplace, chirurgien ophtalmologiste au centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingts à Paris.

« La Presbytie », Le Moniteur des pharmacies n°3068, 21 février 2015.

Syndicat National des Ophtalmologistes de France  http://www.snof.org/

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