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Seniors, les objets connectés qui simplifient la vie

Montre connectée

 

Pour rompre l’isolement, pratiquer une activité physique adaptée, favoriser l’observance du traitement, alerter en cas de chute ou d’urgence médicale ou surveiller une maladie chronique… les seniors ont à leur disposition une palette d’objets connectés. Mais l’« effet jungle » ne fait que s’accentuer, c’est-à-dire qu’il est difficile de se repérer au sein de l’offre foisonnante. Quelques conseils pour s’y retrouver.

 

Objet connecté : quel principe ?

Le marché de la santé connectée axée sur le « bien vieillir » continue de croître à toute vitesse. Mais qu’est-ce précisément qu’un objet connecté ? Il s’agit de tout objet composé de capteurs qui envoient des informations vers une application mobile ou un service web. Divers paramètres individuels de santé sont collectés, à travers des « dispositifs prêt-à-porter » et peuvent éventuellement être transmis à un professionnel de santé pour qu’il agisse en conséquence. Le « plus » de l’objet connecté est l’automatisation du recueil et du transfert des paramètres collectés par l’objet.

 

Prévenir un accident de santé chez les seniors, finalité de l’objet connecté

Les seniors semblent avoir intégré le concept d’objet connecté. Plus d’un tiers de plus de 50 ans ont déjà utilisé des objets connectés, avec intérêt puisque 81% d’entre eux l’utilisent toujours*. Une large majorité souhaite communiquer les résultats à son médecin. Pour 60% des seniors interrogés, la finalité de l’objet connecté est de prévenir un accident de santé.

 

Dr Guillaume Marchand, co-fondateur de « dmd Santé », acteur français de l’évaluation indépendante et collaborative en E-santé : « En 2014, nous avions réalisé une enquête sur la « Silver Economie » (l’économie dédiée à l’avancée en âge de nos sociétés) et le « bien vieillir », chez des seniors de moyenne d’âge 74,5 ans, tous vivant à domicile, afin de tester l’adhésion aux auto-tensiomètres et aux balances connectés, à des fins de prévention à domicile chez ces patients fragilisés. L’adoption des objets par les seniors était bonne voire très bonne, et certains voyaient en l’objet un moyen de se rassurer autant que leur entourage, notamment pour un retour rapide à domicile après une courte hospitalisation, par exemple. Deux freins principaux néanmoins : le « service médical rendu réel » de l’objet, et le prix, élevé par rapport aux mêmes objets non connectés

 

Panorama des objets connectés destinés aux seniors

Que ce soit pour rester en forme, se maintenir au domicile ou surveiller ses paramètres physiologiques en cas de maladie chronique, les objets connectés potentiellement utiles aux seniors sont multiples.

  • Des seniors en forme

Pour une activité physique sous contrôle, il existe des trackers d’activité comme des podomètres connectés (appareils qui comptent le nombre de pas effectués pendant un temps donné) parfois couplés à la mesure de la distance parcourue et des calories dépensées ainsi que des actimètres connectés (appareils qui se portent au poignet mesurant et enregistrant tous les mouvements). Pour des activités plus soutenues, la fréquence cardiaque est surveillée par des cardiofréquencemètres connectés.

Au quotidien, les pèse-personnes connectés sont plébiscités par les seniors.

D’autres objets sont plus récents sur le marché, telle une e-cigarette connectée avec gestion de la concentration nicotinique. Pour une hydratation optimale, qui laisse souvent à désirer chez les seniors, un verre connecté doté d’une puce estime la quantité d’eau bue au cours de la journée.

 

  • Senior connecté, senior libéré

Pour vivre en relative sécurité et viser le maintien au domicile, de nombreux objets connectés sont conçus. Cela va des détecteurs de chute connectés sous forme de bracelet qui envoie des SMS aux proches en indiquant les coordonnées GPS, aux thermomètres connectés, en passant par les pendentifs ou les montres connectés pour veiller sur les personnes âgées. Ces dernières alertent en cas de malaise ou d’urgence médicale, permettent de passer un appel et servent même de pilulier virtuel en vibrant à chaque rappel. Des piluliers plus classiques existent mais cette fois-ci connectés, avec une alerte envoyée aux proches ou au médecin en cas d’oubli.

Un boitier communiquant installé au domicile permet aussi de lutter contre l’isolement des personnes âgées en relevant la température ambiante et d’autres données pour une surveillance et un accompagnement personnalisé.

Des objets familiers des seniors ont aussi leur version « connectée », telle une canne capable d’évaluer la température et le rythme cardiaque mais aussi de signaler la direction et, à la moindre faiblesse, d’indiquer l’endroit le plus proche où se reposer.

 

  • Bien vivre une maladie chronique

Capteurs de glycémie (glucomètres qui mesurent le taux de sucre dans le sang) connectés qu’ils soient classiques ou depuis peu sans piqure au bout du doigt, stylos injecteurs d’insuline connectés, trackers de pression artérielle ou autotensiomètres connectés pour les personnes hypertendues, oxymètres de pouls connectés (mesure du rythme cardiaque et taux d’oxygène transporté par le sang) voire semelles connectées contre les complications des neuropathies discales (atteinte des nerfs au niveau des disques intervertébraux)… les objets connectés « santé » voisinent avec les simples objets connectés « bien-être ». A la différence près que les malades chroniques bénéficient de solutions issues de recherches très poussées et de validation médicale – pour une partie d’entre eux. Parmi les derniers arrivés, des appareils connectés permettent d’ajuster le traitement en cas de crise d’asthme imminente, des inhalateurs connectés permettent de suivre l’observance du malade et même des électrocardiogrammes sous forme de patch à électrodes à fixer sur le sternum permettent de mesurer l’activité cardiaque sur une période de 24h ou plus.

 

Objets de santé connectés de santé : faut-il faire confiance ?

70 % des Français se disent inquiets quant à la sécurité de leurs données de santé**. Jusqu’à maintenant, aucune initiative des pouvoirs publics ne permet d’être rassuré.

Gage de fiabilité vis-à-vis de l’ergonomie et de la sécurité des données mais aussi d’un intérêt médical réel, le label mHealth Quality pour les objets connectés est lancé depuis fin 2016. C’est le premier label collaboratif – et indépendant – en santé mobile et connectée, assorti de phases de test avec des industriels, médecins, patients et l’Agence Régionale de Santé Centre. Il est issu d’un programme scientifique européen de validation, soutenu par des fonds français et européens. Les objets sont passés au crible de plusieurs centaines de critères médicaux, juridiques, éthiques, réglementaires et sécuritaires.

Des tests de « métrologie » (science de la fiabilité mesure) sont bien entendu réalisés, et validés par d’autres organismes experts, afin de garantir par exemple qu’un tensiomètre connecté délivre un chiffre tensionnel exact.

Quant à la valeur d’usage, c’est à dire la validation de l’intérêt porté à l’objet par des utilisateurs au quotidien, elle est définie par des patients, des médecins généralistes et des gériatres.

 

Seniors, comment bien choisir un objet connecté ?

 

 objets connectés

Cinq conseils pour ne pas se tromper dans son achat :

 

  • Se tourner en premier lieu vers les objets connectés qui possèdent un marquage CE et qui sont donc homologués « Dispositif médical ». Ces informations figurent sur l’emballage, souvent en petit à côté du code barre de la boîte.

 

  • Ne pas hésiter à demander conseil au vendeur, au pharmacien ou au médecin et s’enquérir s’il l’a testé lui-même.

 

  • Sur internet, lire le descriptif des tests que l’objet a subi, ainsi que les commentaires des utilisateurs.

 

  • Ne pas sauter sur le dernier gadget à la mode, mais s’orienter vers les objets et marques qui ont fait leurs preuves depuis quelques années. Souvent plus robustes, elles délivrent des niveaux de qualité plus importants.

 

  • Se demander ce que l’on attend vraiment d’un objet connecté précis. Ce peut être utile d’en parler avec son médecin ou son pharmacien.

 

Bientôt de nombreux objets connectés pourront obtenir le label mHealth Quality, qui permettra de les acheter les yeux fermés.

 

 

 

*Questionnaire réalisé du 9 au 25 mars 2016 par internet sur le panel de l’Institut Français des Seniors et les internautes de Medisite ; ** Sondage (janvier 2015) pour le site 1001pharmacies.com

 

D’après des entretiens avec Guillaume Marchand.

 

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