
Tendinite : que faire quand elle devient chronique ?
Une douleur persistante : quand la tendinite ne guérit pas
La tendinite chronique est une pathologie inflammatoire qui affecte les tendons, ces structures fibreuses qui relient les muscles aux os. Si une tendinite aiguë peut se résorber en quelques semaines avec du repos, certaines évoluent vers une forme chronique, douloureuse et invalidante. Genou, poignet, épaule, cheville ou coude : aucune articulation n’est à l’abri. Alors, comment soigner une tendinite chronique ? Quels traitements peuvent soulager la douleur et éviter une rupture du tendon ?
Pourquoi une tendinite devient-elle chronique ?
Une tendinite chronique est souvent le résultat d’un stress mécanique répété sur un tendon, sans phase de récupération suffisante. Cela peut être dû :
- À des mouvements répétitifs (travail manuel, musculation, course à pied) ;
- à une mauvaise posture ou un poste de travail inadapté ;
- à un échauffement insuffisant avant l’effort ;
- à une sollicitation excessive du tendon, causant micro-lésions et inflammation chronique ;
- à des facteurs anatomiques (inégalités de longueur de jambe, pieds plats) ;
- à une usure naturelle des tissus liée à l’âge ou à une vascularisation insuffisante.
Avec le temps, le tendon devient tendineux, fibreux, voire dégénératif. Cette tendinopathie chronique peut affecter la coiffe des rotateurs, le tendon d’Achille, le tendon rotulien, ou encore les fléchisseurs et extenseurs du poignet.
Quels sont les symptômes d’une tendinite chronique ?
Les signes caractéristiques incluent :
- Une douleur persistante à l’effort comme au repos ;
- une raideur articulaire au réveil ou après une période d’inactivité ;
- un gonflement localisé (bursite, inflammation du tendon) ;
- une perte de force musculaire ;
- parfois des craquements, une sensation de frottement, ou une gêne lors de certains mouvements (ex. : soulever le bras, fléchir le genou, tendre l’avant-bras) ;
- une récidive fréquente après chaque tentative de reprise d’activité.
Comment établir un diagnostic précis ?
Le diagnostic repose d’abord sur un examen clinique réalisé par un médecin du sport, un kinésithérapeute ou un rhumatologue. Il peut inclure :
- une palpation du tendon pour identifier la zone douloureuse ;
- des tests de mobilité articulaire et de contraction musculaire ;
Des examens d’imagerie médicale :
- échographie pour visualiser les lésions tendineuses ou un épaississement du tendon ;
- IRM pour détecter une déchirure, une calcification ou une rupture tendineuse ;
- radiographie si une atteinte osseuse est suspectée.
Quelles solutions pour soulager une tendinite chronique ?
1. La mise au repos
La première étape consiste à suspendre l’activité responsable de la douleur. Cela peut impliquer :
- un arrêt temporaire du sport ou du travail ;
- le port d’une attelle, d’un strap ou d’une orthèse pour immobiliser la zone ;
- des postures adaptées au quotidien.
2. Les traitements médicaux
Ils visent à soulager la douleur et à contrôler l’inflammation :
- anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), par voie orale ou en gel local ;
- antalgiques pour calmer les douleurs persistantes ;
- infiltrations de corticoïdes en cas de bursite ou de douleur tendineuse intense ;
- PRP (plasma riche en plaquettes) : une injection innovante pour favoriser la cicatrisation ;
- application d’argile verte, de cryothérapie ou de compresses froides pour réduire la douleur aiguë et la rougeur.
3. La kinésithérapie et la rééducation
Un travail régulier avec un kinésithérapeute est souvent indispensable. Le programme peut inclure :
- des étirements doux, pour redonner de l’élasticité au tendon ;
- un renforcement musculaire excentrique ciblé pour les groupes musculaires affaiblis (quadriceps, mollets, biceps, etc.) ;
- de la physiothérapie (ultrasons, ondes de choc, électrothérapie) ;
- des techniques de friction transversale profonde ou de massage ;
- une réadaptation progressive à l’effort avec correction des mouvements.
La durée de la rééducation dépend de la gravité de la lésion tendineuse et de la zone concernée (tendinite rotulienne, tendinite du coude, tendinite de l’épaule, tendinite au poignet, etc.).
Et si la douleur persiste malgré tout ?
Si la douleur chronique ne cède pas aux traitements conservateurs, plusieurs options sont envisageables :
Infiltrations supplémentaires
Des infiltrations de corticoïdes peuvent être renouvelées avec précaution. Leur usage est limité en nombre pour éviter une dégénérescence du tendon.
Traitement chirurgical
En dernier recours, une intervention chirurgicale peut être proposée :
- nettoyage des calcifications ;
- peignage du tendon (technique de résection) ;
- réparation chirurgicale ou suture en cas de rupture du tendon d’Achille, de la coiffe des rotateurs, ou d’une atteinte grave du long biceps ;
- libération de la gaine tendineuse en cas de ténosynovite.
L’opération est suivie d’une longue période de rééducation post-opératoire.
En conclusion
La tendinite chronique n’est pas une fatalité. Avec une prise en charge adaptée, un traitement médical personnalisé, de la kinésithérapie ciblée et parfois des infiltrations, il est possible de retrouver un confort durable. Le rôle de la prévention, notamment chez les coureurs, les joueurs de tennis, ou les personnes exposées à des gestes répétitifs, est essentiel pour éviter les récidives et préserver ses articulations. N’attendez pas que la douleur s’installe : un diagnostic précoce est la clé pour soigner efficacement une tendinite.

