Pour arrêter de fumer, plusieurs astuces plus ou moins farfelues circulent sur les réseaux sociaux. Laser, hypnose, griffonia… parmi ces méthodes, quelles sont celles qui marchent vraiment ?
Le laser anti-tabac, coûteux et inefficace
Première méthode populaire sur les réseaux sociaux : le laser anti-tabac. Attention, « aucune étude scientifique ne prouve l’efficacité du laser » alerte d’emblée Ketty Deléris, tabacologue. « Ce n’est pas plus efficace qu’un placebo ». Et le laser a un coût : comptez jusqu’à 200 euros la séance « pour quelque chose qui n’est pas forcément efficace« .
Les plantes, uniquement pour détourner l’attention
Autre méthode : les plantes comme le griffonia et les huiles essentielles. Ici encore, ces méthodes naturelles « n’ont aucune preuve scientifique d’une efficacité dans l’arrêt du tabac« . Rassurez-vous : « il n’y a généralement pas de danger » à les utiliser, tempère Ketty Deléris. « Mais pourquoi prendre des choses qui ne sont pas efficaces ? «
Une nuance peut être faite pour les huiles essentielles : « on dit souvent à la personne qui a envie de fumer d’attendre trois à cinq minutes avant de craquer. Alors pourquoi pas détourner son attention en respirant quelques huiles essentielles. Mais ce n’est pas l’huile essentielle en elle-même qui va vous faire arrêter de fumer, c’est juste un détournement de la pensée » propose la spécialiste.
L’hypnose pour gérer son stress
Et que penser de l’hypnose pour arrêter de fumer ? De la même manière, « l’hypnose n’a pas prouvé son efficacité pour l’arrêt du tabac » prévient la tabacologue. En revanche, « utiliser l’hypnose pour la gestion du stress, l’affirmation de soi quand on est en soirée, pourquoi pas, mais ce n’est pas quelque chose qui va vous faire arrêter de fumer » note-t-elle.
Attention dans tous les cas à pratiquer l’hypnose avec un vrai professionnel de santé.
Les vraies méthodes pour arrêter de fumer
Qu’est-ce qui fonctionne vraiment pour arrêter de fumer ? Les seules méthodes validées scientifiquement dans l’arrêt du tabac sont les substituts nicotiniques, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et certains traitements médicamenteux pour les cas les plus sévères.
Pour arrêter de fumer, il faut déjà « prendre en compte les trois dépendances : la dépendance physique, psychologique et comportementale« . Pour évaluer votre dépendance physique, c’est-à-dire votre dépendance à la nicotine, faites le test de Fagerström. En fonction de votre degré de dépendance, vous aurez peut-être besoin de substituts nicotiniques.
« Sachez que ces substituts sont pris en charge par l’Assurance maladie. Votre médecin, un infirmier ou une infirmière, un kiné, une sage-femme ou même un dentiste pourra vous prescrire des substituts nicotiniques. » Mais attention : « ne pensez pas que ces substituts sont magiques », car la dépendance psychologique et comportementale rentrent aussi en jeu.
Pour réussir à arrêter de fumer, n’hésitez pas à consulter un·e tabacologue. Rendez vous sur le site du Mois sans Tabac et sur Tabac Info Service.