Définitions santé

Ostéoporose : Une pathologie osseuse silencieuse mais fréquente

L’ostéoporose est une maladie osseuse chronique, souvent silencieuse, qui se caractérise par une diminution de la densité minérale osseuse et une altération de la structure osseuse. Elle fragilise le tissu osseux, augmente le risque de fracture, notamment du col du fémur, des vertèbres et du poignet. Cette maladie touche près de 4 millions de français et particulièrement les femmes ménopausées.

La perte de masse osseuse liée à l’âge est un phénomène normal. Mais chez certaines personnes, elle est excessive, entraînant une véritable fragilité osseuse. Ce processus résulte d’un déséquilibre entre la résorption osseuse (action des ostéoclastes) et la formation osseuse (action des ostéoblastes), deux mécanismes du remodelage osseux.

Quels sont les facteurs de risque ?

De nombreux facteurs influencent le risque d’ostéoporose. Le premier est l’âge, suivi de près par la ménopause, en raison de la baisse des œstrogènes qui accélère la perte de densité osseuse. Les antécédents familiaux, un antécédent de fracture sans traumatisme important, ou une ménopause précoce (avant 40 ans), augmentent également le risque de fractures ostéoporotiques.

D’autres causes peuvent être à l’origine d’une ostéoporose secondaire :

  • Des troubles hormonaux comme l’hyperthyroïdie, l’hyperparathyroïdie, le cushing, ou encore l’hypogonadisme (carence en hormones sexuelles, comme la testostérone ou les œstrogènes)

  • La prise prolongée de corticoïdes, ou de certains médicaments comme les inhibiteurs d’aromatase (utilisés contre le cancer du sein)

  • Des maladies comme l’insuffisance rénale, la maladie cœliaque, la polyarthrite rhumatoïde, ou certaines tumeurs

Des facteurs modifiables entrent aussi en jeu : consommation excessive d’alcool, tabagisme, apport insuffisant en calcium ou vitamine D, sédentarité, ou indice de masse corporelle trop bas.

Quels examens permettent de diagnostiquer l’ostéoporose ?

Le diagnostic de l’ostéoporose repose sur la mesure de la densité osseuse à l’aide d’une ostéodensitométrie, également appelée densitométrie osseuse. Cet examen utilise des rayons X ciblés sur le rachis lombaire et le col fémoral. Il s’avère particulièrement recommandé chez la femme ménopausée à risque, ainsi que chez l’homme après 65 ans.

Lorsque la densité minérale osseuse diminue modérément, sans fracture ni atteinte grave, on parle d’ostéopénie. En revanche, si la densité passe sous un certain seuil et qu’elle s’accompagne ou non de fracture, le diagnostic d’ostéoporose est posé.

Des analyses biologiques, notamment les marqueurs du remodelage osseux, permettent aussi de suivre l’évolution de la maladie ou d’évaluer l’effet d’un traitement.

Prévenir l’ostéoporose : les bons réflexes à adopter

La prévention de l’ostéoporose repose sur l’optimisation du capital osseux dès l’enfance, et la préservation de la santé osseuse tout au long de la vie.

Une alimentation riche en calcium et vitamine D

Le calcium est essentiel à la minéralisation osseuse. Il est recommandé d’inclure dans son alimentation des sources variées de calcium comme les produits laitiers, les poissons gras, certains légumes verts, les fruits à coque ou les eaux riches en calcium. Les besoins varient selon l’âge, mais un apport en calcium de 1000 à 1200 mg/jour est recommandé chez l’adulte.

La vitamine D, indispensable à l’absorption du calcium, est synthétisée par la peau sous l’action du soleil. En cas d’exposition insuffisante, une supplémentation est souvent nécessaire, notamment chez les personnes âgées, ménopausées ou vivant en institution.

Une activité physique régulière

L’activité physique régulière stimule le remodelage osseux et renforce la solidité osseuse. Des exercices comme la marche, la course, la musculation ou même la danse sont recommandés pour préserver la densité minérale osseuse et prévenir la fragilité.

La prévention des chutes

La prévention des chutes est essentielle pour réduire l’incidence des fractures chez les personnes atteintes d’ostéoporose. Elle repose sur :

  • Un aménagement du domicile sécurisé

  • Un bon équilibre visuel et postural

  • Une évaluation des traitements (éviter les médicaments qui favorisent les chutes)

  • Des exercices d’équilibre et de renforcement musculaire

Quels sont les traitements disponibles ?

Le traitement de l’ostéoporose associe généralement mesures hygiéno-diététiques et traitements médicamenteux. L’objectif : ralentir la perte osseuse, augmenter la densité osseuse et réduire le risque de fractures.

Supplémentation en calcium et vitamine D

Elle est souvent prescrite en première intention pour corriger les carences et améliorer l’efficacité des traitements.

Médicaments anti-ostéoporotiques

Parmi les traitements prescrits pour traiter l’ostéoporose, on retrouve :

  • Les bisphosphonates (par voie orale ou intraveineuse) qui inhibent la résorption osseuse

  • Le raloxifène, modulateur des récepteurs aux œstrogènes

  • Le dénosumab, administré par injection sous-cutanée

  • Le strontium ranélate qui stimule la formation osseuse

  • La teriparatide, dérivée de la parathormone (PTH), pour les formes sévères

Traitement hormonal substitutif (THS)

Chez la femme ménopausée, un traitement hormonal substitutif (THS) peut être proposé pour compenser la chute des hormones sexuelles à condition qu’il n’y ait pas de contre-indication (ex : risque de cancer du sein ou maladies cardiovasculaires).

Chaque traitement présente des effets secondaires potentiels. Le choix doit être adapté à chaque situation, selon l’âge, les antécédents familiaux, la densité osseuse, et la fragilité osseuse évaluée.

Quand consulter ?

Il est conseillé de consulter en rhumatologie ou auprès de son médecin traitant :

  • En cas de fracture spontanée ou après un traumatisme mineur
  • En cas de tassements vertébraux (souvent révélés par une douleur vertébrale ou une perte de taille)
  • Si vous êtes une femme ménopausée avec un antécédent de fracture
  • En présence de facteurs de risque multiples

Un dépistage de l’ostéoporose peut être prescrit dès 50 ans si des signes d’atteinte osseuse apparaissent.

Conclusion

L’ostéoporose n’est pas une fatalité. Grâce à un dépistage précoce, une alimentation équilibrée, de l’exercice physique et un suivi médical adapté. Il est possible de prévenir l’ostéoporose, d’en ralentir l’évolution et de réduire le risque de fractures osseuses. N’attendez pas les premières fractures vertébrales ou du col du fémur pour agir. Protégez votre santé osseuse aujourd’hui pour rester autonome demain.

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