Conseil santé

Allergies saisonnieres : anticipez les !

Plus d’un Français sur trois souffre d’allergie respiratoire, surtout lorsque reviennent dans l’atmosphère printanière les pollens d’arbres, puis en période estivale ceux de graminées. Pour des millions d’entre nous, printemps et été sont donc des saisons redoutées, qui riment avec éternuements à répétition, maux de gorge, conjonctivite,  voire risque de crise d’asthme. Il existe heureusement des gestes de prévention et des traitements efficaces contre ces allergies saisonnières.

 

 L’allergie saisonnière se définit comme une réaction immunitaire exagérée de l’organisme (nez et bronches en particulier) à ces allergènes que sont les pollens d’arbres (bouleau, cyprès, chêne, charme, aulne…), d’herbacées (pariétaire, armoise, plantain…) et de graminées (céréales, fourrages et herbes). Or le pollen est transporté facilement, en tout lieu, par le vent. La fréquence des allergies saisonnières a doublé depuis vingt ans, chez des personnes de tous âges, pour « des raisons multifactorielles », explique le Dr Florence Trébuchon, allergologue, auteure de Vaincre l’asthme et les allergies. Il y a plus de phénomènes allergiques dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement, notamment à cause de la pollution extérieure, avec les particules de diesel  « qui rendent plus agressifs les pollens allergisants », et intérieure, avec l’usage des aérosols et autres produits chimiques « qui fragilisent la muqueuse bronchique », ajoute le Dr Catherine Quéquet, allergologue elle aussi et auteure de Combattre les allergies.

Pour autant, se priver de toute sortie n’est plus la seule solution, car il existe aujourd’hui des gestes de prévention (cf. bas de page) et des traitements permettant de mener une vie normale à la belle saison.

LA SOLUTION DÉFINITIVE

 Le premier d’entre eux, les médicaments antihistaminiques, se révèle souvent très efficace, sans effet secondaire ni phénomène d’accoutumance, à condition d’être pris jusqu’à la fin de la saison pollinique même si l’on se sent bien. S’il ne suffit pas, le médecin peut y associer un corticoïde nasal et un collyre pour les yeux, voire, à un stade plus sévère, un traitement anti-asthmatique : un  broncho-dilatateur en aérosol doseur (Ventoline®, Bricanyl® ou Airomir®) « à avoir sur soi en permanence pour faire face aux gênes quotidiennes », insiste le Dr Quéquet, ainsi qu’un corticoïde inhalé « en traitement de fond » pour les cas les plus sérieux. Contre l’allergie respiratoire, la solution définitive, envisageable dès 5 ans, consiste à se faire désensibiliser, durant trois à quatre ans d’affilée, de l’hiver à la saison pollinique (4 à 6 mois selon les pollens), par absorption de doses très faibles mais croissantes d’allergènes. « Il peut s’agir, explique le Dr Quéquet, de gouttes gardées deux minutes sous la langue que l’on peut prendre chez soi, de comprimés (pour les pollens de graminées) que l’on peut également prendre à domicile, sauf le premier, qui doit être absorbé au cabinet médical, ou d’injections sous-cutanées réalisées par le médecin et suivies en théorie de trente minutes  de  surveillance. »

ET LES MÉDECINES DOUCES ?

 La désensibilisation est proscrite pour les enfants de moins de 5 ans, les personnes prenant des bêtabloquants ou souffrant d’une maladie immunologique, ainsi que pour les femmes enceintes dont le traitement démarrerait durant la grossesse. Une femme peut en revanche commencer une désensibilisation avant d’être enceinte et la poursuivre durant une grossesse. Sont par ailleurs déconseillées les injections de corticoïdes retard, à cause de leurs éventuels effets indésirables à long terme. Enfin, « les médecines douces ne fonctionnent pas vraiment contre les allergies », constate le Dr Quéquet, à l’exception des applications en intra nasal de pommade Homéoplasmine qui peut faire barrage aux pollens et soulager les irritations de la muqueuse nasale, ainsi que des lavages de nez avec du liquide physiologique.

 

QUELQUES PRÉCAUTIONS ANTI-ALLERGIES RESPIRATOIRES

  • Tenez-vous informé des périodes de pollinisation.
  • Évitez les promenades en campagne et en forêt lorsqu’il fait soleil.
  • En période pollinique, ne tondez pas la pelouse, ou alors en portant masque et lunettes, et évitez les activités sportives en plein air (ou après avoir consulté le médecin pour adapter le traitement médicamenteux).
  • Aérez les pièces le matin tôt et tard le soir, pour éviter les pics de pollution.
  • Lavez-vous les cheveux le soir pour que les pollens ne se déposent pas sur votre oreiller.
  • Vérifiez l’efficacité du filtre de la climatisation dans la voiture et évitez d’ouvrir les vitres durant le trajet.
  • Si vous portez des lentilles, remettez vos lunettes pour éviter une atteinte de la cornée (kératite).

 

À LIRE

  • Combattre les allergies, par le Dr Catherine Quéquet, éd. Alpen, 2013.
  • Vaincre l’asthme et les allergies, par le Dr Florence Trébuchon, éd. Albin Michel, 2011.

À CONSULTER

  • http://asthme-allergies.org, site de l’association Asthme & Allergies. Tél. : 01 41 31 61 60 ou   0 800 19 20 21 (appel gratuit, du lundi au jeudi de 9 h à 13 h et de 14 h à 18 h, et le vendredi de 9 h à 12 h). Cette association a reçu en 2010 la médaille d’or de l’Académie nationale de médecine pour « sa triple mission d’information du public, d’éducation thérapeutique des patients et de formation des professionnels de santé ». Elle a créé un site spécifiquement dédié aux allergies respiratoires : http://allergiesrespiratoiresagir.org
  • www.pollens.fr, site du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA). Il publie une carte hebdomadaire, département par département, des pollens et du risque allergique identifié par un code couleur (de nul, en vert clair, à très élevé, en rouge)
Vous êtes sur mobile.