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L’économie sociale et solidaire

Economie sociale et solidaire

Longue histoire que celle de l’économie sociale et solidaire (ESS). Avec le mouvement associatif pour creuset originel, elle s’est développée, au fil du temps, sous des formes plurielles tout en conservant des valeurs communes. Devenue un partenaire privilégié des institutions ainsi qu’un acteur économique incontestable, l’ESS est désormais reconnue et définie par la loi de juillet 2014. Sommes-nous en marche vers une « autre » économie, plus humaniste et respectueuse de l’environnement ? C’est le défi relevé par l’ESS.

 

Dans la troisième édition de son livre Économie sociale – La solidarité au défi de l’efficacité, Thierry Jeantet nous livre une présentation de l’ESS sous toutes ses facettes : son histoire, ses fondements, ses atouts et les défis à relever dans le contexte socioéconomique actuel. Depuis la loi de juillet 2014, l’économie sociale et solidaire s’est étendue aux entreprises sociales qui ont choisi de partager les mêmes valeurs que les associations, les coopératives, les mutuelles et les fondations, représentants historiques de l’ESS. L’auteur souligne que plus de la moitié des Français sont adhérents d’une mutuelle de prévoyance et de santé et, souvent, beaucoup d’entre eux sont aussi membres d’une mutuelle d’assurance- dommages ou d’assurance vie. Ce sont des entreprises concurrentielles qui depuis longtemps conjuguent l’efficacité sociale avec l’efficacité économique. Soumises aux lois concurrentielles du marché, elles sont néanmoins gérées de façon démocratique et solidaire.

Dans bien des domaines, les associations ont innové en inventant des solutions, comme les services à la personne pour répondre, notamment, aux besoins des personnes âgées et handicapées. Mais l’ESS, ce sont aussi les logiciels libres, les « brevets libres » ou encore l’encyclopédie libre Wikipédia. Aujourd’hui, alors que nous vivons une crise mondiale sans précédent d’ordre économique, financier, alimentaire, environnemental et énergétique, l’économie sociale et solidaire défend une autre logique. Forte de ses valeurs, elle peut contribuer à humaniser le développement en proposant un nouveau contrat social, voire sociétal.

 

  • Des valeurs communes 

 

Quels que soient leurs secteurs d’activité, les associations, coopératives  mutuelles, fondations et entreprises sociales partagent des principes communs, dont la solidarité est le fondement originel. La gestion est démocratique, à savoir que chaque membre de l’organisation possède une seule et unique voix, contrairement aux sociétés par actions, dans lesquelles une voix est attribuée à chaque action. N’étant pas soumise aux aléas du marché boursier, l’ESS a mieux traversé les récentes crises financières. Les richesses créées par l’activité doivent être partagées de façon équitable comme réinvesties pour assurer la pérennité et le développement de l’organisme. Le système de propriété est à la fois privé et collectif.

 

  • Quels enjeux ?

Les associations se sont professionnalisées pour mener des actions de plus grande ampleur. De plus en plus de jeunes diplômés s’orientent vers l’ESS. Un peu partout dans le monde, les institutions locales, quel que soit leur système politique, reconnaissent et soutiennent l’économie sociale et solidaire. Appelée à renforcer son rôle, l’ESS doit confirmer sa capacité à devenir un acteur de croissance plurielle, c’est-à-dire à la fois sociale, civique, environnementale, et, bien entendu, économique. Changer d’échelle, intégrer les nouvelles donnes des économies numérique et circulaire, développer la véritable économie du partage, multiplier les actions concrètes et les prises de parole figurent parmi les objectifs à atteindre.

 

En savoir plus

  • Économie sociale – La solidarité au défi de l’efficacité , de Thierry Jeantet, éd. La Documentation française, 2016.

 

En France, l’économie sociale et solidaire représente :

  • plus de 2,3 millions de salariés, soit 2 fois plus qu’il y a 30 ans ;
  • 23 860 entreprises coopératives et 3 grands groupes bancaires ;
  • 450 mutuelles de santé ;
  • 1,3 million d’associations et près de 2 200 fondations.

 

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