
Excision : définition, chiffres clés en France et dans le monde
L’excision, ou mutilation génitale féminine (MGF), consiste à retirer une partie ou la totalité des organes génitaux externes féminins pour des raisons non médicales. Selon l’Unicef, 230 millions de femmes et de filles ont subi une MGF dans le monde. En France, environ 139 000 femmes excisées vivent sur le territoire. Cette pratique reste interdite par la loi française et peut entraîner des conséquences importantes sur la santé.
Pourquoi l’excision persiste-t-elle malgré son interdiction ? Quelles sont ses conséquences ? Et quelles solutions existent pour accompagner les femmes concernées ?
Qu’est-ce que l’excision ?
L’OMS définit les mutilations génitales féminines comme toute ablation partielle ou totale des organes génitaux externes féminins pour des raisons non médicales. Cette pratique porte atteinte à l’intégrité physique et psychique des femmes et des filles.
L’OMS distingue quatre types de mutilations génitales féminines. La clitoridectomie retire une partie ou la totalité du clitoris. L’excision concerne également les petites lèvres. L’infibulation représente la forme la plus sévère. Enfin, certaines pratiques regroupent d’autres atteintes génitales.
En France, 80 % des femmes victimes auraient subi une excision de type II, contre 15 % une infibulation, selon les données reprises par le Sénat.
Combien de femmes sont concernées ?
Dans le monde
En mars 2024, l’Unicef estimait à 230 millions le nombre de femmes et de filles ayant subi une mutilation génitale féminine. Cette estimation représente une hausse de 15 % par rapport aux données publiées huit ans auparavant.
L’Unicef recense cette pratique dans 31 pays. La prévalence dépasse notamment 50 % dans plusieurs États, dont le Mali, la Guinée, l’Égypte, le Soudan et la Somalie.
En France
En 2025, le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes estimait à près de 139 000 le nombre de femmes excisées vivant en France. Parmi elles, environ 10 000 seraient mineures.
Cette estimation a fortement progressé depuis 2004. À cette époque, une première étude évaluait à environ 53 000 le nombre de femmes majeures concernées.
Ces chiffres ne signifient pas que les mutilations sont pratiquées en France. Le risque concerne notamment certains séjours dans les pays d’origine des familles.
Pourquoi l’excision est-elle encore pratiquée ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la persistance de cette pratique. Ils varient selon les pays, les communautés et les familles.
- La pression sociale : certaines communautés considèrent encore l’excision comme une tradition nécessaire au passage à l’âge adulte.
- Le contrôle de la sexualité : certaines croyances associent la mutilation à la préservation de la virginité avant le mariage.
- La pression familiale : certaines jeunes filles subissent les attentes de leur entourage malgré l’interdiction de la pratique.
Cependant, aucune tradition ne justifie une atteinte à l’intégrité physique d’une enfant ou d’une femme.
Quelles sont les conséquences de l’excision sur la santé ?
L’excision peut provoquer des complications dès le moment de la mutilation. L’OMS mentionne notamment les hémorragies et certains problèmes urinaires.
À plus long terme, les femmes concernées peuvent développer des infections, des kystes, des douleurs chroniques ou des complications gynécologiques. La mutilation peut également entraîner des difficultés lors d’une grossesse ou d’un accouchement.
Les conséquences psychologiques comptent aussi. Certaines femmes ressentent une anxiété importante, une souffrance psychologique ou des difficultés dans leur vie intime.
Bon à savoir : certaines conséquences apparaissent plusieurs années après l’excision. Un suivi médical permet alors d’identifier les séquelles et de proposer un accompagnement adapté.
Que dit la loi française sur l’excision ?
La France condamne l’excision depuis plusieurs décennies. Depuis 1983, la justice française peut poursuivre pénalement les auteurs de mutilations génitales féminines.
La loi qualifie l’excision de crime. Les peines peuvent atteindre dix à vingt ans de réclusion criminelle, selon les circonstances et l’âge de la victime.
La justice française peut également poursuivre certains faits commis à l’étranger lorsque les conditions prévues par la loi sont réunies.
À retenir : les parents doivent protéger leur enfant contre tout risque de mutilation. En cas de danger, des dispositifs d’aide et de protection existent.
Quelle prise en charge pour les femmes excisées ?
Une femme excisée peut consulter différents professionnels selon ses besoins. Un médecin, un gynécologue, une sage-femme ou un psychologue peut notamment participer à son accompagnement.
La chirurgie réparatrice constitue également une possibilité. Le chirurgien Pierre Foldès a notamment développé une technique de reconstruction du clitoris.
L’Assurance maladie peut prendre en charge cette intervention chez une femme majeure qui souhaite y avoir recours. Cependant, la chirurgie ne constitue pas une obligation. La HAS recommande plutôt une approche globale associant accompagnement médical, psychologique et sexologique.
La complémentaire santé peut aussi intervenir pour certaines dépenses qui restent à la charge de la patiente, selon les garanties prévues au contrat.
Comment protéger une jeune fille contre le risque d’excision ?
Une famille qui craint une mutilation peut demander conseil à un professionnel de santé ou aux services spécialisés. Le dialogue permet notamment d’identifier une situation à risque avant un départ à l’étranger.
Un certificat médical peut également attester de l’état de santé d’une enfant avant et après un séjour dans un pays où le risque existe.
En cas de danger pour une mineure, le 119 permet de contacter le service national dédié à l’enfance en danger. Le 3919 accompagne également les femmes victimes de violences.
FAQ : vos questions sur l’excision
Qu’est-ce que l’excision ?
L’excision désigne une mutilation génitale féminine qui retire une partie ou la totalité des organes génitaux externes pour des raisons non médicales.
Combien de femmes sont excisées dans le monde ?
Selon l’Unicef, environ 230 millions de femmes et de filles ont subi une mutilation génitale féminine dans le monde.
Combien de femmes excisées vivent en France ?
Le ministère chargé de l’Égalité estimait leur nombre à près de 139 000 en 2025, dont environ 10 000 mineures.
L’excision est-elle interdite en France ?
Oui. La loi française considère l’excision comme un crime et prévoit de lourdes sanctions pénales.
En résumé
L’excision reste une réalité mondiale et concerne également des femmes vivant en France. Ses conséquences peuvent être physiques, gynécologiques et psychologiques.
Cependant, des solutions existent. Un suivi médical, un accompagnement psychologique et, dans certaines situations, une chirurgie réparatrice peuvent aider les femmes concernées.
La prévention reste également essentielle. Informer les familles et protéger les jeunes filles permettent de lutter contre la répétition de ces pratiques.

