Prévention | Seniors

Les fractures chez les seniors : comment les prévenir et quels traitements ?

Un enjeu croissant pour le vieillissement

En ce moment, les fractures chez les seniors représentent un sujet majeur en France. Le vieillissement de la population augmente la fréquence des fractures osseuses, notamment celles du col du fémur, du poignet, du rachis et de la hanche. Cette hausse s’explique par une fragilisation progressive du tissu osseux, mais aussi par la diminution de la densité minérale osseuse, particulièrement chez les femmes ménopausées. Le squelette perd en solidité, la masse osseuse baisse et les traumatismes même mineurs peuvent créer une véritable fracture.

L’ostéoporose, très fréquente après la ménopause, modifie la structure osseuse. Les travées osseuses deviennent fines, la résorption osseuse accélère, et la solidité osseuse diminue. Ainsi, le risque de fracture augmente, en particulier au niveau de l’extrémité supérieure du fémur, du col fémoral ou encore des vertèbres lombaires.

Pourquoi les fractures surviennent plus souvent chez les seniors ?

Actuellement, la principale cause de fracture chez les personnes âgées reste la chute. Les chutes chez les personnes âgées se produisent souvent à domicile, en raison d’un manque d’équilibre, d’une diminution musculaire ou d’une atteinte articulaire. Lorsqu’elles surviennent, elles exposent à des lésions importantes, notamment au fémur ou au poignet.

Cependant, contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les chocs violents qui provoquent la majorité des fractures du col du fémur. Beaucoup pensent que seule une chute très forte peut casser un os. Mais selon Santé Publique France, 80 % des fractures de la hanche surviennent lors de chutes simples, parfois même d’une hauteur équivalente à la position debout. Ce chiffre contredit l’idée selon laquelle il faut un choc direct important pour fracturer un os chez une personne âgée. La véritable cause souvent silencieuse reste la diminution de la densité minérale osseuse.

Les fractures les plus fréquentes chez les seniors

La fracture du col du fémur est la plus redoutée. Elle touche l’extrémité supérieure du fémur et entraîne impotence fonctionnelle immédiate, douleur intense et hospitalisation urgente. Sa survenue est souvent associée à l’ostéoporose et à une chute banale. Le traitement est chirurgical et peut nécessiter ostéosynthèse, prothèse ou fixation par broches.

Les fractures vertébrales apparaissent sous forme de tassement. Elles provoquent douleurs dorsales, perte de taille et parfois compression nerveuse. Elles peuvent survenir spontanément chez les personnes souffrant d’ostéopénie ou d’ostéoporose sévère.

Le poignet constitue un autre site fréquent. Le radius distal se fracture souvent lorsqu’une personne tente d’amortir sa chute. Cela provoque un hématome, une déformation et une immobilisation prolongée.

D’autres fractures touchent aussi le genou, la cheville, le tibia, l’humérus ou encore le membre inférieur. La fragilité osseuse, combinée au vieillissement, augmente la probabilité de déplacement secondaire et complique la consolidation.

Diagnostic et examens indispensables

Le diagnostic repose d’abord sur une radiographie, qui montre le trait de fracture, l’éventuel déplacement ou l’atteinte articulaire. En cas de doute ou de fracture complexe, un scanner peut préciser la lésion. Pour les fractures vertébrales, une scintigraphie peut aider à dater la fracture et évaluer son retentissement.

L’ostéodensitométrie reste indispensable pour mesurer la densité minérale osseuse et dépister le risque d’ostéoporose. Cet examen permet d’agir précocement, en particulier chez les patientes ménopausées ou chez les personnes ayant déjà subi une fracture.

Les traitements actuels : une prise en charge complète

Le traitement dépend du type de fracture, de son déplacement et de la fragilité osseuse du patient. Les fractures du col du fémur exigent souvent un traitement chirurgical réalisé en urgence. L’intervention peut consister en une prothèse de hanche, une ostéosynthèse ou une chirurgie fémorale adaptée au trait de fracture.

Les fractures du poignet nécessitent parfois un plâtre, une attelle ou une fixation chirurgicale si elles sont déplacées. Pour les fractures vertébrales, le traitement repose sur la gestion de la douleur, le port d’un corset et parfois une cimentoplastie en cas de tassement sévère.

La rééducation joue un rôle essentiel. Elle aide à récupérer la marche, l’équilibre, la flexion du genou ou de la hanche, mais aussi à éviter la perte musculaire. Une rééducation précoce améliore le pronostic et réduit la mortalité après une fracture grave comme celle du col fémoral.

Comment prévenir les fractures chez les seniors ?

En ce moment, la prévention des fractures est au cœur des recommandations en gériatrie et en rhumatologie. L’objectif est de réduire le risque de chute, améliorer la solidité osseuse et maintenir la mobilité.

L’activité physique régulière stimule le remodelage osseux, renforce les articulations et préserve la densité osseuse. La marche, la gymnastique douce, l’aquagym et les exercices d’équilibre réduisent le risque de fracture du col du fémur ou du poignet.

Les apports en calcium et en vitamine D sont essentiels. Une alimentation riche en produits laitiers, poissons et légumes verts, associée à une supplémentation si nécessaire, améliore la minéralisation osseuse. Chez la femme ménopausée, un traitement hormonal ou des thérapeutiques anti-ostéoporotiques peuvent être prescrits pour prévenir l’ostéoporose.

L’aménagement du domicile aide aussi à éviter les fractures. Il limite les obstacles, réduit le risque de chute et favorise une meilleure stabilité. Une bonne correction visuelle, des chaussures adaptées et la réduction des dangers domestiques complètent ces mesures.

L’importance du suivi et de la réévaluation

Après une fracture, la prise en charge doit être globale et continue. La prévention secondaire est primordiale car avoir une fracture augmente fortement le risque d’en subir une nouvelle. Le suivi doit inclure ostéodensitométrie, surveillance des apports nutritionnels, gestion des médicaments comme les corticoïdes, et accompagnement en rhumatologie ou en gériatrie.

À lire également dans Prévention et bien-être

Voir toutes les fiches
Homme qui s'est fracturé la cheville.
Prévention | Seniors

Les fractures chez les seniors : comment les prévenir et quels traitements ?

Les fractures chez les seniors résultent souvent de l’ostéoporose, de la perte de densité osseuse et des chutes. En ce moment, leur incidence augmente avec le ...
En savoir plus
Homme atteint d'hypocondrie devant son ordinateur.
Bien-être | Prévention

Guide Hypocondrie : troubles musculo-squelettiques et posture

Comprendre l’hypocondrie et son impact corporel L’hypocondrie est une forme d’anxiété intense centrée sur la peur d’être atteint d’une maladie grave. Cette ...
En savoir plus
Infirmière aidant une mamie qui a le Covid19.
Conseils santé | Prévention

Guide Covid-19 : troubles musculo-squelettiques et posture

Le Covid-19 a modifié durablement la posture et augmenté les troubles musculo-squelettiques, notamment à cause du télétravail et de la sédentarité. ...
En savoir plus