Définitions santé | Troubles de l’audition

Maladie de Ménière : comprendre les vertiges et les troubles de l’audition

Vous avez l’impression que tout tourne autour de vous, que votre audition baisse dans une oreille, et que des bourdonnements deviennent de plus en plus gênants ? Ces signes pourraient être liés à la maladie de Ménière, une affection vestibulaire chronique de l’oreille interne. Bien que peu connue, cette pathologie peut devenir handicapante au quotidien. France Mutuelle vous explique tout.

Qu’est-ce que la maladie de Ménière ?

La maladie de Ménière est un trouble labyrinthique affectant une zone clé de l’équilibre interne et de l’audition, appelée labyrinthe membraneux. Elle touche en général une seule oreille et se manifeste par des crises soudaines et intenses. Ces épisodes résultent d’une accumulation anormale de liquide dans le système endolymphatique, entraînant une pression excessive dans l’oreille interne. Cela perturbe la transmission des signaux vestibulaires et auditifs au système nerveux central.

Les symptômes apparaissent de manière paroxystique, c’est-à-dire par poussées soudaines qui peuvent durer de 20 minutes à plusieurs heures.

Quels sont les symptômes caractéristiques ?

La maladie de Ménière se distingue par de 3 symptômes principaux : vertiges rotatoires, perte auditive et acouphènes. Le vertige est généralement intense, souvent accompagné d’un nystagmus spontané, de nausées, de vomissements, de sueurs et parfois d’un malaise général. Les patients décrivent une sensation de mouvement circulaire, comme si « tout tournait », y compris lorsqu’ils sont immobiles. Ce déséquilibre brutal peut s’accompagner d’une instabilité à la marche ou d’une peur de tomber.

En parallèle, une baisse d’audition unilatérale s’installe, en particulier dans les fréquences graves, ce qui altère la compréhension des sons environnants. Cette perte auditive peut être fluctuante au début, mais tend à s’aggraver avec le temps. Enfin, les bourdonnements ou sifflements perçus dans l’oreille atteinte, aussi appelés acouphènes. Ils sont souvent constants et gênants.

À ces trois signes majeurs s’ajoutent parfois une sensation d’oreille bouchée, des maux de tête, des étourdissements, voire une perte d’équilibre prolongée. Il est alors fréquent de confondre cette affection avec un vertige positionnel bénin, une migraine vestibulaire ou une labyrinthite virale.

Quelles sont les causes possibles ?

Les origines exactes de la maladie de Ménière restent floues. Plusieurs facteurs sont toutefois suspectés : des infections virales de l’oreille interne, des troubles vasculaires affectant le tronc cérébral ou le cervelet, ou encore des anomalies auto-immunes. Des traumatismes crâniens, une fracture de l’os temporal, ou une hypertension intracochléaire pourraient également perturber la régulation des liquides labyrinthiques.

Dans certains cas, un neurinome de l’acoustique (tumeur bénigne du nerf vestibulaire) peut provoquer des symptômes similaires. Il est donc essentiel de consulter un ORL pour établir un diagnostic différentiel. Le stress, l’anxiété chronique, certains médicaments ototoxiques, l’hypoglycémie ou l’anémie peuvent également jouer un rôle.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic repose d’abord sur un interrogatoire clinique précis, suivi d’un examen ORL complet. Le médecin évalue la nature des crises de vertiges, la fréquence des épisodes, l’évolution de la perte auditive, et la présence d’acouphènes.

Des tests spécifiques permettent d’objectiver la pathologie : un audiogramme détecte les atteintes auditives, une épreuve calorique mesure la réactivité du vestibule, et une IRM cérébrale élimine les diagnostics plus graves comme une tumeur du nerf acoustique ou une lésion cérébelleuse. Dans certains cas, on procède à l’analyse des réflexes oculaires, à l’étude du nystagmus ou à des tests d’équilibre postural.

Quels traitements permettent de soulager les crises ?

Il n’existe pas de traitement curatif de la maladie de Ménière à ce jour. Toutefois, plusieurs solutions permettent de réduire l’intensité des symptômes et d’améliorer la qualité de vie.

D’abord, une prise en charge médicamenteuse est proposée lors des crises. Elle repose sur l’administration de médicaments antivertigineux, d’antiémétiques pour limiter les nausées et vomissements, et parfois de diurétiques pour diminuer la pression dans le labyrinthe membraneux. La bétahistine est souvent prescrite en traitement de fond pour limiter la fréquence des poussées.

En parallèle, la rééducation vestibulaire est primordiale. Réalisée par un kinésithérapeute spécialisé, elle vise à réentraîner le système vestibulaire en compensant les signaux altérés. À travers des exercices adaptés aux changements de position, au mouvement de la tête ou à la marche en déséquilibre, le patient améliore progressivement son équilibre visuel et postural.

Un accompagnement psychologique peut aussi s’avérer nécessaire, surtout en cas de crises fréquentes entraînant phobies, agoraphobie ou troubles anxieux. La peur d’être pris de vertige dans l’espace public est fréquente, et mérite une prise en charge globale.

Quand faut-il envisager une intervention chirurgicale ?

Dans les cas les plus graves, où les crises de vertiges sont répétées, longues et invalidantes, une option chirurgicale peut être proposée. Il s’agit alors de traitements plus invasifs, réservés à des situations extrêmes.

On peut notamment :

  • sectionner le nerf vestibulaire,
  • détruire les cellules ciliées vestibulaires via des injections de gentamicine dans l’oreille moyenne,
  • pratiquer une labyrinthectomie totale (en cas de surdité déjà installée).

Ces gestes ne sont réalisés qu’après échec des traitements médicamenteux et rééducatifs.

Vivre avec la maladie de Ménière au quotidien

Mieux vivre avec la maladie de Ménière, c’est d’abord adopter des habitudes qui favorisent la stabilité. Il est conseillé de réduire la consommation de sel, de limiter les excitants (caféine, alcool), et d’éviter le tabac. La gestion du stress est également essentielle, car les crises surviennent souvent dans des contextes de fatigue ou de tension émotionnelle.

Les patients doivent apprendre à repérer les facteurs déclenchants, tels que :

  • les mouvements brusques de la tête,
  • les changements de position rapides,
  • les environnements mal éclairés.

Un professionnel de santé ou un centre d’équilibre peut aider à mettre en place un programme personnalisé de compensation vestibulaire.

En conclusion

La maladie de Ménière est une affection vestibulaire chronique qui altère profondément la qualité de vie. Malgré l’absence de traitement curatif, il existe aujourd’hui des solutions efficaces pour soulager les crises, limiter la perte d’audition et retrouver un équilibre fonctionnel. N’hésitez pas à consulter un ORL ou un professionnel de la physiothérapie si vous souffrez de vertiges fréquents, de bourdonnements ou de perte auditive unilatérale.

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