Définitions santé | Maladies auto-immunes

Syndrome de Sjögren : comprendre cette maladie auto-immune méconnue

Le syndrome de Sjögren est une maladie auto-immune chronique qui affecte principalement les glandes salivaires et lacrymales. Il provoque une sécheresse buccale et oculaire parfois sévère, appelée aussi syndrome sec.
Cette pathologie systémique touche environ 0,5 % de la population, avec une prévalence plus élevée chez les femmes de plus de 40 ans.

Qu’est-ce que le syndrome de Sjögren ?

Le syndrome de Sjögren (SGS) est une maladie auto-immune systémique dans laquelle le système immunitaire attaque les glandes exocrines, notamment les glandes salivaires et lacrymales. Cette réaction provoque une inflammation chronique, une diminution de la sécrétion de salive et de larmes, et donc une sensation persistante de sécheresse.

Cette affection peut être primitive, lorsqu’elle survient seule, ou secondaire, lorsqu’elle est associée à d’autres maladies auto-immunes comme le lupus érythémateux disséminé ou la polyarthrite rhumatoïde.

Le syndrome de Sjögren fait partie des maladies systémiques, car il peut toucher plusieurs organes :

  • articulations,
  • reins,
  • poumons,
  • système nerveux,
  • ou peau.

Quels sont les symptômes les plus fréquents ?

Les patients atteints du syndrome de Sjögren souffrent principalement de sécheresse oculaire et de sécheresse buccale.

  • Au niveau des yeux, la diminution des sécrétions lacrymales entraîne une irritation oculaire, une sensation de brûlure et une fatigue visuelle. Ces symptômes s’aggravent souvent devant un écran d’ordinateur ou en cas de vent.

  • Au niveau de la bouche, la xérostomie (manque de salive) provoque des difficultés à mastiquer, avaler ou parler, une mauvaise haleine, et augmente le risque de caries dentaires ou d’infections buccales.

D’autres manifestations systémiques peuvent apparaître :

  • douleurs articulaires,

  • gonflement des parotides,

  • fièvre modérée,

  • ou inflammation des muqueuses nasales et vaginales.

Dans les formes sévères, des atteintes pulmonaires, rénales ou neurologiques peuvent survenir.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur un ensemble de signes cliniques, d’examens biologiques et d’analyses histologiques. Le médecin, souvent un spécialiste en médecine interne ou en rhumatologie, recherche la présence d’anticorps anti-SSA (Ro) et anti-SSB (La), caractéristiques du syndrome. Des anticorps antinucléaires ou des marqueurs inflammatoires peuvent aussi être détectés.

Une biopsie des glandes salivaires accessoires (généralement au niveau de la lèvre inférieure) permet d’observer une infiltration lymphocytaire, signe typique d’une réaction auto-immune.
Des tests de salivation et le test de Schirmer (pour mesurer la production de larmes) complètent le bilan. Parfois, une échographie des glandes salivaires ou une IRM aide à évaluer la sévérité de l’atteinte glandulaire.

Quelles sont les causes du syndrome de Sjögren ?

Les causes exactes du syndrome restent floues. Toutefois, plusieurs facteurs sont impliqués. Une prédisposition génétique (HLA), des perturbations hormonales et certaines infections virales comme l’hépatite C ou le VIH peuvent déclencher une réaction immunitaire anormale.

Chez les femmes, les hormones féminines semblent jouer un rôle, tout comme le vieillissement du système immunitaire. Certains médicaments (antidépresseurs, antihistaminiques, anti-inflammatoires) aggravent aussi la sécheresse buccale et oculaire.
L’association de ces éléments conduit à une inflammation chronique et à la destruction progressive des glandes salivaires et lacrymales.

Quels traitements sont disponibles ?

Il n’existe pas encore de traitement curatif pour le syndrome de Sjögren, mais plusieurs prises en charge symptomatiques et thérapeutiques permettent d’améliorer la qualité de vie.

Soulager la sécheresse buccale et oculaire

  • Utiliser des larmes artificielles et des gels oculaires sans conservateurs.

  • Favoriser les substituts salivaires sous forme de sprays, bonbons sans sucre ou chewing-gums pour stimuler la sécrétion de salive.

  • Boire régulièrement de l’eau, éviter le tabagisme et maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire avec des soins dentaires réguliers.

Traiter les formes systémiques

En cas d’atteinte articulaire, pulmonaire ou rénale, des traitements immunosuppresseurs ou corticoïdes peuvent être prescrits. Les biothérapies comme le rituximab (anticorps monoclonal dirigé contre les lymphocytes B) montrent une certaine efficacité dans les formes sévères. Un suivi médical régulier est nécessaire afin d’éviter les complications, notamment les lymphomes ou les vascularites.

Quelles complications possibles ?

Chez certains patients souffrant de Sjögren, l’évolution peut être marquée par des poussées inflammatoires ou des manifestations extra-glandulaires. Des douleurs articulaires persistantes, une arthrite inflammatoire, ou une fibrose pulmonaire peuvent apparaître au fil du temps. Plus rarement, la transformation lymphomateuse (développement d’un lymphome) est observée, d’où la nécessité d’un suivi médical rigoureux.

Les complications bucco-dentaires sont également fréquentes : caries, ulcères, gencives irritées, ou infections fongiques dues au manque de salive. Une bonne hydratation, des prothèses dentaires bien ajustées, et des visites régulières chez le dentiste limitent ces risques.

Peut-on prévenir ou mieux vivre avec le syndrome de Sjögren ?

Même si le syndrome de Sjögren ne peut être totalement évité, plusieurs gestes améliorent le confort au quotidien :

  • Hydrater les muqueuses avec un humidificateur d’air.

  • Éviter les environnements secs et la chaleur excessive.

  • Limiter la caféine et l’alcool, qui accentuent la sécheresse buccale.

  • Mastiquer régulièrement du chewing-gum sans sucre pour stimuler la salivation.

  • Consulter régulièrement un dentiste, un ophtalmologue et un médecin interniste pour adapter les soins.

Une alimentation équilibrée, riche en oméga-3 et pauvre en sel, peut aider à réduire l’inflammation. Les pharmaciens peuvent aussi conseiller des produits hydratants buccaux ou gouttes oculaires adaptées.

Un suivi médical indispensable

Le syndrome de Sjögren est une maladie chronique, mais une prise en charge adaptée améliore nettement le confort de vie. Les avancées thérapeutiques et les biothérapies offrent aujourd’hui de meilleures perspectives. Avec un suivi médical régulier et des soins dentaires et oculaires adaptés, les personnes atteintes peuvent conserver une bonne qualité de vie et limiter les complications.

France Mutuelle rappelle que la prévention, l’information et le suivi personnalisé sont les meilleures armes contre les maladies auto-immunes comme le syndrome de Sjögren.

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