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Soins de prévention : lesquels sont encore sous‑utilisés par les Français ?

Les soins de prévention jouent un rôle essentiel pour préserver la santé de la population. Pourtant, malgré la forte promotion de la santé, des campagnes de vaccinations et des programmes nationaux, de nombreux dispositifs restent sous‑utilisés en 2025. Ces soins médicaux, allant des dépistages aux bilans de santé, contribuent à limiter les maladies infectieuses ou chroniques, réduire la mortalité et favoriser l’accès aux soins. Cependant, beaucoup de Français n’en tirent pas pleinement parti. Pourquoi ? Et quels sont ces soins de prévention encore trop peu sollicités ?

Pourquoi la prévention reste encore insuffisante dans le parcours de soins ?

Aujourd’hui, la prévention constitue un pilier de la politique de santé publique et de la promotion de la santé. Pourtant, malgré des campagnes menées par le ministère de la Santé et des autorités sanitaires, les pratiques préventives sont loin d’être systématiques chez les assurés et les professionnels de santé.

Beaucoup associent encore la consultation médicale à une maladie déclarée, plutôt qu’à un examen préventif. Cette perception limite l’usage précoce des services de prévention primaire, notamment la vaccination, les dépistages organisés et l’éducation thérapeutique.

De plus, certaines idées reçues, comme « si je vais bien, pourquoi consulter ? », nuisent à une utilisation optimale des soins de prévention. Or, des études montrent que des approches proactives en matière de santé permettent de réduire les hospitalisations et d’éviter des traitements lourds.

Dépistages : des programmes efficaces mais encore insuffisants

Les dépistages visent à détecter des maladies avant l’apparition des symptômes. Ils font partie intégrante des soins de prévention. Pourtant, leur utilisation varie fortement selon les populations.

Dépistage du cancer

Le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, du sein ou du colorectal reste sous‑utilisé malgré les recommandations de la Haute Autorité de santé et les programmes nationaux (PNDOCCU).
Par exemple, la couverture vaccinale anti‑HPV atteint environ 54,6 % chez les filles de 15 ans pour au moins une dose, ce qui est en dessous des objectifs fixés par le programme national de santé publique.

Pourquoi certaines personnes ne se font‑elles pas dépister ? Cette question révèle souvent un manque d’information sur les mesures de prévention et la peur du diagnostic.

Vaccinations : essentielles et encore sous‑utilisées

La vaccination est sans doute l’un des soins de prévention les plus puissants jamais développés. Elle protège contre de nombreuses maladies infectieuses. Pourtant, son utilisation varie selon les Âges et les populations.

Couverture vaccinale

Santé publique France indique que chez les personnes âgées de 65 ans et plus, la couverture vaccinale contre la grippe demeure faible (environ 54 %), et celle contre les infections à pneumocoque est encore inférieure à 20 %.

En outre, les campagnes vaccinales contre le VIH, la rougeole, la diphtérie ou la coqueluche restent essentielles, notamment face à la recrudescence de certains cas d’infections transmissibles comme la rougeole.

Alors, pourquoi la vaccination est‑elle encore sous‑utilisée chez certains groupes ? Une part du public hésite encore, malgré la prise en charge par l’assurance maladie et les recommandations du ministère de la Santé.

Éducation pour la santé : un levier encore trop rare

L’éducation pour la santé vise à renforcer la capacité des individus à adopter des comportements favorables à la santé. Cela inclut la promotion de l’activité physique, la lutte contre le tabagisme ou la consommation d’alcool, et la prévention des risques addictifs.

Cependant, les campagnes d’information et les consultations éducatives restent moins fréquentées que les soins curatifs. Pourtant, l’éducation thérapeutique aide à mieux gérer les maladies chroniques et à prévenir les complications.

Santé mentale : prévention encore tardive

La santé mentale constitue un domaine trop souvent négligé dans les soins de prévention. Beaucoup de personnes ne consultent un professionnel de santé (psychologue, psychiatre, infirmier spécialisé) que lorsque les troubles sont déjà installés.

Pourtant, intégrer tôt la prévention en santé mentale réduit clairement le risque de souffrance psychique sévère. Elle passe par des actions de promotion de la santé, des bilans de santé annuels et un accès facilité aux services de santé mentale.

La prévention bucco‑dentaire : une pratique encore trop rare

Les soins dentaires et bucco‑dentaires sont un autre domaine de prévention souvent ignoré. La visite régulière chez le dentiste ou les dentistes pour des examens préventifs permet de détecter avant l’apparition de pathologies graves, comme les maladies parodontales.

Malgré la prise en charge partielle par la sécurité sociale et les mutuelles santé, la prévention dentaire n’est pas systématiquement intégrée dans les parcours de soins. Cette lacune contribue à des dépenses plus élevées en soins curatifs par la suite.

Accès aux soins et inégalités sociales : un obstacle à la prévention

Les inégalités sociales influencent fortement l’accès aux soins de prévention. Les personnes sans médecin traitant, sans mutuelle complémentaire santé ou en situation de précarité restent plus exposées à la non‑utilisation des dépistages et des consultations préventives.

En outre, certains territoires présentent des disparités en termes d’offre de soins primaires, de structures médico‑sociales et d’accès aux établissements de santé. Cela a un impact direct sur l’usage des soins de prévention, en particulier dans les zones rurales ou défavorisées.

Voici les principaux soins préventifs qui restent insuffisamment mobilisés par les Français :

  • Vaccinations recommandées (grippe, pneumocoque, HPV, Covid‑19 selon calendrier)

  • Éducation pour la santé (gestion du poids, nutrition santé, addictions)

  • Consultations pour la santé mentale préventive

  • Visites bucco‑dentaires régulières

  • Bilans de santé annuels avec médecin traitant

Ces actes, souvent simples et remboursés, restent pourtant trop peu fréquents, malgré leurs bénéfices avérés en termes de santé publique.

Pourquoi sous‑utilise‑t‑on les soins de prévention alors qu’ils sont remboursés ?

Certaines personnes ne savent pas que ces soins sont intégrés dans le régime général et pris en charge par l’assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé. Le calendrier vaccinal officiel, publié par le ministère de la Santé et la Haute Autorité de santé, précise pourtant les vaccins recommandés à tout âge.

D’autres pensent à tort que ces soins ne sont nécessaires qu’en cas de symptômes. Cette idée nuit à l’efficacité des soins de prévention, qui reposent justement sur leur caractère préventif et anticipé.

Comment mieux intégrer la prévention dans son parcours de soins ?

Pour faire de la prévention une habitude, plusieurs étapes sont utiles :

  • consulter régulièrement son médecin traitant

  • suivre les recommandations de vaccinations

  • réaliser les dépistages dans les délais recommandés

  • utiliser les services de santé locaux (centres de santé, infirmiers, médecins généralistes)

  • adhérer à une mutuelle santé avec bon niveau de remboursement

Ainsi, on améliore non seulement sa santé mais aussi l’accès aux soins et la qualité des interventions dans le système de santé.

Conclusion : faire des soins de prévention une priorité collective

Depuis des années, la France dispose d’un système de soins de prévention solide, soutenu par les politiques nationales de santé, les agences régionales de santé et les professionnels de santé. Toutefois, certains actes de prévention restent encore sous‑utilisés, même lorsqu’ils sont remboursés et pris en charge.

Promouvoir la santé commence par changer les pratiques. En intégrant ces soins de prévention dans son parcours de soins, chacun améliore sa santé, réduit les risques de complications et diminue les dépenses sanitaires à long terme.

Sources

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